Marie Hécart gagne le GP Coupe du Monde

10961728_10152565892556372_753266046_nCSI5*-W de Wellington (USA)

La consécration pour Marie Hécart

Elle l’attendait depuis des années et la voici enfin, sur les terres de Floride qu’elle a choisies pour passer une bonne partie de l’année. Au terme d’un barrage à 10 au tracé long et peu sinueux, la française a empoché sa toute première victoire à ce niveau, devançant ceux qui d’ordinaire lui volent la vedette lors du WEF, Ben Maher (GBR) et Eric Lamaze (CAN), les deux hommes en forme de cette édition 2015.

Le parcours dessiné par le vénézuélien Guilherme Jorge comportait 14 obstacles, dont un triple et un double aux couleurs de Rolex, partenaire majeur du concours, qui se révéla décisif placé en dernier. 45 couples avaient choisi de s’aligner pour espérer glaner quelques points pour le classement Coupe du Monde. Comme d’habitude à Wellington, la première moitié des partants ne comportaient pas de stars notoires. Pourtant, un peu à la surprise générale, le premier à s’élancer, Ramiro Quintana (ARG), signa un magnifique parcours sans faute. Parcours facile ? La suite ne le confirma pas. Pas de grosse catastrophe à signaler en dehors de la chute sèche de Laura Kraut, dont Cedric avait décidé de dire stop devant un gros oxer Hermès, mais ce tracé s’avéra coulant, très aéré, avec de longues galopades…rendant le chrono difficile à réaliser. C’est ainsi que Rodrigo Pessoa se fit piéger sur son grand Status, privés de barrage pour un point de temps dépassé.

Lamaze en favori

Après sa spectaculaire série de victoires, Eric Lamaze (CAN), dernier à devoir partir au barrage, figurait comme le grand favori. Maîtrisant désormais le sang de la grande Fine Lady 5, il semblait en mesure d’accrocher un nouveau trophée. Au menu figuraient 7 obstacles, dont la deuxième moitié du triple aux couleurs de Fidelity Investment, partenaire de l’épreuve. Pas de virage en épingle à cheveux, juste des galopades, ce qui n’a pas empêché le public de s’enthousiasmer pour les 10 héros toujours en lice. Face à un stade comble (au bas mot 6.000 personnes), Ramiro Quintana faillit signer l’exploit…mais une barre l’éloigna de la victoire. Ali Wolff (USA), puis Kirsten Coe (USA) l’imitèrent, tout comme l’étonnant Pablo Barrios (VEN). 4e à entrer en piste, Marie Hécart avait eu le temps d’analyser le tracé.

Marie Hécart © PIXIZONE« J’ai toujours été proche de gagner avec Myself », avoue la tricolore. « Toujours sans faute, présente, mais une faute au barrage, pas assez vite… mais voilà, aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi c’est arrivé, mais c’est arrivé ! ». Dans son piquet depuis qu’elle a 4 ans, Myself a effectué toute sa carrière avec Marie. « Nous nous connaissons par cœur. Elle est devenue de plus en plus fiable. Plus elle vieillit, mieux elle est. » Le couple ne visait pas spécialement les points Coupe du Monde puisque Marie ne compte pas se rendre à la finale. « Je ne suis pas une fan des indoors.

 

 

 

Cela lui demande trop d’efforts, je préfère la préserver pour de grosses épreuves. » Au barrage, après deux sauts, la normande a tenté sa chance, sans pour autant aller trop vite. « Si j’accélère trop, elle s’excite très vite et fait vite une faute. Je ne pensais pas être la plus rapide, mais heureusement, Eric (Lamaze, ndlr), a fait une barre (rires). Je crois qu’aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir autour de moi une super équipe, grooms, propriétaires, qui me soutiennent et me donnent de bons chevaux à monter, c’est très encourageant. ».

10957437_10152565885826372_1493038286_nDu côté de Ben Maher, la satisfaction se lisait sur son visage. Sa jument Diva II progresse à grandes foulées, à son rythme. « Elle est en très grande forme » témoigne-t-il. « Elle a gagné à Londres en décembre, et je l’ai remontée seulement la semaine dernière à la quarantaine où elle était vraiment fraiche. Ce soir, face à tout ce public, je voulais assurer un classement et prendre un chèque, pas la victoire (rires). Ce n’est pas mon genre de ne pas courir les barrages, je pensais pouvoir m’approcher de Marie, mais je préférais jouer placé.

 

Eric Lamaze, quant à lui, savoure un premier mois de WEF très positif. « J’ai monté Fine Lady samedi dernier dans le Grand Prix et j’ai été très surpris qu’elle n’ait aucune réaction face à l’ambiance et à l’environnement. Elle a signé une formidable première manche. Marie est allée vraiment très vite, et n’a pas laissé beaucoup d’espace pour faire mieux. Il fallait essayer, mais nous avons eu peu de temps de récupération avant le barrage. Elle reste une super jument, et je suis surtout très content, car elle n’a pas été achetée pour faire ce niveau d’épreuve. Je suis très excité de disposer d’un autre cheval pour courir à ce niveau. »

Et les chevaux français ?

En dehors de Myself de Breve, plusieurs chevaux SF prenaient part à l’épreuve. Il y eut d’abord Verdi, monté par Andres Rodrigues (VEN), finalement 15e. Puis la bouillonnante Showgirl avec Yann Candelé (CAN), 16e. Schuyler Riley (USA) sort de piste avec 13 points sur le fils de Cumano, Navalo de Poheton (32e). Carton rouge au chilien Samuel Parot, en selle sur le bon Quick du Pottier, qui avait visiblement oublié ses bases équestres au vestiaire, et ce malgré toute la bonne volonté de son partenaire.

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Article de Xavier Boudon, correspondant en Floride .

© Photos: Agence Pixizone.

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