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Gilles Bertran de Balanda met un terme à son contrat avec la Fédération Portugaise et reprend son cap !

Sollicité en fin d’année dernière par la fédération portugaise qui souhaitait s’allouer son expérience des équipes de haut niveau, Gilles Bertran de Balanda vient de nous faire part de sa décision de mettre un terme à son contrat de sélectionneur.

Lassé de jouer au capitaine abandonné, il nous précise aujourd’hui ce qui l’a mené à cette décision:

Fin d’année dernière, Joao Moura (vice-président de la fédération portugaise – N.D.L.R –) m’avait sollicité pour reprendre les commandes des équipes de haut niveau. Bien qu’à l’aise dans mes activités au sein de mes nouvelles installations, je me suis laissé séduire par un nouveau challenge aussi intéressant qu’audacieux.

Après un état des lieux et l’élaboration d’un carnet de route pour mener au mieux ma mission, j’avais aussi rappelé l’importance d’un budget optimal pour établir une saison sportive digne de ce nom.

Suite à mes entrevues avec les hautes instances, j’avais dans la foulée reçu l’aval de la fédération pour mener à bien ce projet.

Certes, je savais que le Portugal n’était pas le pays le mieux doté et que nous devrions faire, pour ainsi dire, avec les moyens du bord. Mais en toute honnêteté, il me fallait aussi leur faire prendre vraiment conscience que de tels objectifs, fussent – ils emprunts des meilleures volontés, ont un cout !

J’estime pour ma part avoir joué la transparence, tant sur mes émoluments que sur ma disponibilité pour mener à bien ce projet à long terme.

S’il était évident qu’il faille d’abord faire une revue des troupes et organiser des stages au Portugal, j’avais aussi mis en avant la nécessité de créer un véritable esprit d’équipe.

Pour ce faire, je misais justement sur une équipe première composée d’une bonne demi-douzaine de cavaliers d’expérience et de renoms tels que Luciana Diniz, Rodrigo Geistera, Luis Sabino Goncalves, Antonio Matos Almeda, Duarte Romao, Luis Ferreira, auxquels j’adjoignais de plus jeunes talents afin de créer une sorte d’émulation.

Dans cette section d’élite, j’ai ainsi mis en place plusieurs groupes de travail composés de cadres confirmés et de cavaliers moins aguerris, mais non moins prometteurs, telle que Mandy Mendes Costa à laquelle je dédiais toutefois la priorité au circuit des jeunes cavaliers encadrés par Jean-Marc Nicolas avec qui j’agissais en parfaite interaction.

Nous avons ainsi abordé le début de saison par des stages afin d’identifier les besoins et programmer au mieux la saison. Tout semblait bien en place et malgré le mauvais coup du sort lié au COVID, les premiers résultats furent de bon augure.

Un matin de juillet, alors que nous étions réunis pour une session à Vilamoura, j’ai reçu un appel de Joao Mora qui m’annonçait qu’à la suite de la dernière assemblée générale de la Fédération, son président et lui avaient remis leur démission !

Et depuis… Plus rien ! Plus de nouvelles de qui que ce soit au niveau de la fédération !

Les cavaliers sont dans la même incompréhension et malgré bien des tentatives, silence radio. Vous comprendrez que dans ces conditions, je ne peux continuer de naviguer à vue sans savoir de quoi demain sera fait !

Je suis déçu par la tournure des évènements, mais j’ai passé l’âge de me prendre la tête pour ce genre de chose. J’ai donc décidé de mettre un terme à mon engagement auprès de la fédération portugaise.

Vous savez, j’ai la chance de pouvoir encore monter à cheval chaque jour. Alors, quand je suis chez moi et qu’au petit matin je file dans mes écuries, j’aime vraiment ce moment qui me semble privilégié ; celui du contact quasi instinctif avec mes chevaux. C’est un pur moment de quiétude !

J’apprécie aussi que l’on fasse appel à moi régulièrement pour des conseils ou du coaching plus poussé. J’aime pleinement transmettre mon expérience ou, disons-le, une certaine connaissance dans un domaine auquel j’ai voué ma vie.

Nous traversons une période des plus difficiles avec ce satané virus et il y a des préoccupations bien plus importantes en ce bas monde. L’avenir reste bien incertain notamment pour le milieu du cheval. Je sais que beaucoup ont souffert, physiquement, économiquement et donc moralement.

Par expérience, j’ai aussi appris que les pires moments ont une fin. Le plus difficile n’est pas de se battre contre la tempête, mais de lui résister. Certains y arrivent seuls, mais il est souvent préférable d’être bien accompagné.

Aujourd’hui, une page se tourne, mais n’ayez crainte, une autre s’écrira demain…

Propos recueillis par Ch. GERHARD pour jumpinews.com

©Texte et Photos D.R  jumpinews.com /  CH.GERHARD