Retour en Piste

Sur le bon pied…

Après plus de trois mois de confinement, les cavaliers internationaux se retrouvent en piste ce week-end et notamment au CSI4* de l’Hubside Tour à Grimaud qui peut maintenant afficher clairement ses compétitions ( après un week-end de « ventes privées » sujet à polémique puisqu’encore en plein confinement!) et s’enorgueillir d’avoir attiré l’essentiel de l’élite européenne sur les hauts de ST Tropez.

Retour en piste, mais sans public en tribune, conformément aux directives sanitaires en vigueur. Un huis clos qui gâchera sans doute un peu l’ambiance du concours, mais qui permet enfin de remettre en piste les chevaux de compétitions en pleine forme après des semaines à la maison.

Si certains trépignaient d’impatience, ce mauvais épisode du COVID aura mis en évidence la nécessité de retrouver un certain cycle plus « naturel » pour permettre une meilleure gestion sportive des chevaux et garder en point d’orgue le challenge de compétions moins intenses.

Il devrait y avoir des remises en question pour toute la filière qui, malgré un semblant de retour à la « normale », n’est pas à l’abri de gros déboires économiques et sociaux.

Tout ce beau monde saura-t-il capable de se remettre en question pour enfin cesser la course à l’échalote dans laquelle organisateurs et cavaliers se sont retrouvés aspirés dans la spirale du toujours plus?

À force d’abuser des lois de la nature, ce coronavirus a remis à plat bien des certitudes et il est bien triste d’en avoir payé de lourdes, très lourdes conséquences.

La faute à qui, à quoi ? À vous, à moi et un peu tout le monde, car sans en être forcément conscient, par dépit ou ignorance, nous avons laissé faire une poignée de tout puissants, ou du moins tels qu’ils semblaient l’être.

Après les souffrances, le temps de l’action doit maintenant prendre le pas sur celui de la réflexion.

Il est nécessaire de réfléchir au sens de la vie, mais il est primordial de ne plus se laisser entrainer dans un puits sans fin dont le sceau percé tient à une corde en argent.

Revenons à des valeurs plus « humaines » auxquelles nos aïeux nous avaient pourtant dit de prendre garde à notre petit bout de jardin en prenant soin de ceux qui nous entourent.

Le paradoxe humain tient entre le génie créatif et cette faculté d’autodestruction dont le mauvais usage des « nouvelles technologies » n’aura pas épargné d’assouvir les idées des plus imbéciles!

Nul de détient la vérité, mais en réfléchissant ensemble, nous pourrions être mieux éclairés, moins égoïstes, évitant ainsi de plonger dans de nouvelles pénombres…

L’après-COVID (ou « le jour d’après » comme certains l’ont nommé dans l’espoir d’un monde meilleur) ne doit pas être un retour à la normale ni à l’anormal, sans mauvais jeu de mots.

Saurons-nous vraiment en tirer les bons enseignements?

Rien n’est moins sur, car quand on voit les frénésies auxquelles se livrent à nouveau certains, je me dis qu’on n’a toujours pas compris.

Mais la force des hommes réside dans l’ espoir. Une valeur forte qui doit être mise à bon escient et j’ai la faiblesse d’y croire encore.

Alors; à cheval! Mais pour ne pas repartir à faux, profitons du virage et partons sur le bon pied.

© texte et photo: C. GERHARD pour jumpinews.com