Exclusif : Interview de Xavier Marie.

Zeta de Hus, l’autre espoir olympique de Xavier Marie 

Faisant suite à son annonce de mettre Zeta de Hus à disposition de Michel Robert en vue d’une potentielle participation aux J.O de Londres, Xavier Marie nous a accordé une interview exclusive  apportant bien des précisions sur ce choix ainsi que sur ses projets d’avenir pour le Haras de Hus.

Monsieur Marie, en diffusant l’annonce de confier Zeta de Hus à Michel Robert vous avez surpris tout le monde, d’autant plus que vous en précisez l’objectif, celui de participer aux prochains J.O. Pourquoi un tel revirement ?

Tout simplement parce que je n’y avais pas vraiment pensé avant ! Cela peut paraître étrange mais avant dimanche dernier, ça ne m’avait même pas effleuré. En fait, quelqu’un s’est intéressé à Zeta et m’a demandé un prix… Je me suis alors demandé pourquoi priver le Haras d’une participation aux J.O alors que nous avons le cheval susceptible d’y participer. Partant de cette réflexion, les idées se sont enchaînées très vite. J’ai alors pensé y associer Michel Robert car il fallait trouver un cavalier de talent mais aussi  d’expérience, capable de relever un véritable challenge. Car il ne faut pas se le cacher, c’est un véritable défi. Si Zeta et Michel ont chacun leurs valeurs, former en moins de trois mois, un couple performant pour une telle compétition relève de l’exploit.

Mais cela aurait pu se faire en toute sérénité avec Silvana et Kevin ?

Sans doute et c’était l’un des objectifs de départ mais j’avais une nécessité en fin d’année dernière de vendre au moins correctement un cheval et d’un point vu commercial il valait mieux vendre Silvana avant les Jeux. Cela  faisait partie du contrat avec Kevin et il était entendu de la vendre bien plus tôt que cela. Ça ne s’est pas fait, je ne sais pas trop pourquoi ? On ne va pas revenir en arrière à ce sujet. Il y avait une entente entre nous. Je lui fournissais les chevaux d’envergure, à lui de les valoriser pour les revendre. Il les a superbement valorisés dans l’ensemble mais coté vente…Il n’a pas joué vraiment le jeu. Des chevaux furent vendus trop tardivement, pas à leurs justes valeurs,  ou conservés délibérément pour assouvir ses ambitions purement sportives. Cela a tout cassé ! Or tout cela représente tout de même un investissement de plusieurs millions d’euros, on est même d’ailleurs plus proche de la dizaine et il va de soit qu’à un moment il faut aussi des résultats comptables. Le palmarès sportif a bonifié l’image, apporté une certaine notoriété mais d’un point de vue purement commercial, mis à part la vente de Silvana, ce fut l’échec quasi complet pour ne pas dire zéro ! Kevin l’a d’ailleurs reconnu depuis… On a atteint nos objectifs sportifs mais on a raté nos objectifs économiques ! Et quand je dis on les a ratés.. ; on les a ratés lourdement !»

En repoussant la vente de Zeta vous espérez donc un meilleur rapport qualité prix en fonction de sa participation et résultats aux Jeux? 

Pourquoi ne pourrais-je pas faire profiter un autre cavalier français d’une possibilité de  participation olympique, tout en valorisant ma jument ? Michel Robert est un cavalier qui rentre complètement dans la philosophie du haras.

Un état d’esprit commun alors ?

C’est à dire qu’il y a des cavaliers auxquels je ne confierais pas de chevaux, mais Michel Robert entre parfaitement dans ma vision des choses.

D’autre part, je tiens à rappeler que si Silvana n’était pas restée en France, c’est Kevin qui aurait monté Zeta aux Jeux. Le haras des Coudrettes s’est porté acquéreur et je suis contant que cela ait pu se faire ainsi.

Du coup, Kevin conservait les deux bonnes juments sous sa selle et avec Le Prestige en soutient, il pouvait envisager une superbe saison. Vous ne lui gâchez pas un peu délibérément ce plaisir ?

Je n’ai aucune intention de nuire à qui que ce soit. Kevin s’est tracé un plan de route auquel j’ai jusqu’alors maintenu le cap. À l’heure d’aujourd’hui Kevin est à mes yeux l’un des meilleurs mondiaux car il n’y en a pas beaucoup qui auraient réussi à faire ce qu’il a fait en un peu moins de 4 ans. Maintenant il ne faut pas oublier que pour cela, il fallait aussi des chevaux d’envergure et le budget afférent à l’entretien. De ce coté-là, j’ai, je pense, largement assumé ma part du contrat…

Le « divorce » est donc entamé entre vous deux ?

Disons qu’il y a pas mal d’eau dans le gaz …Mais pour l’instant rien n’est tranché.

Une belle histoire qui finit un peu en eau de boudin ?

Nos deux projets on aboutit sur le point de vue purement sportif. Cela a propulsé Kevin au niveau que l’on sait et c’est super! Je pense que quel que soit l’avenir, il est suffisamment lancé pour pouvoir voler, avec ou sans le haras de Hus, sans que ça nuise à sa carrière future.

Certains pensent que vous en arrivez à saturation et que vous allez arrêter vos activités, tout du moins au niveau du CSO.

Or depuis le début de l’année vous avez confié des chevaux à d’autres cavaliers comme Philippe Lejeune, Grégory Wathelet, Steve Guerdat et maintenant Michel Robert.  Une nouvelle stratégie pour le Haras de Hus.

Il est certain que la situation doit évoluer pour retrouver une véritable efficacité. Nous avons donc décidé de confier aux cavaliers étrangers que vous avez précédemment cités, les chevaux à commercialiser. Ils ont de par leurs valeurs équestres et les systèmes d’exploitation de meilleures possibilités de vente. Pour ce qui concerne les autres chevaux du haras, ceux en devenir et dont les potentiels semblent convenir au sport de haut niveau, je vais privilégier, bien entendu, des cavaliers français.

Vous avez déjà des noms ?

Mais ce n’est pas encore fini avec Kevin, donc … Mais honnêtement si je dois retrouver de bons cavaliers français avec du potentiel et qui ont de l’avenir…Il y a plusieurs noms ! Mais pour  conclure sur le cas de Zeta, il fallait un cavalier d’expérience. C’est un gros challenge et ça ne va pas être simple mais nous y croyons !

Savez-vous quand Michel Robert prendra part à son premier officiel ?

La jument arrive ce vendredi chez lui et il va se donner une semaine pour se mettre avec. Ensuite je pense qu’il ne va pas tarder à la mettre en piste, sans doute d’ici quinze jours.

 Jessica Michel et Riwera en Dressage , Michel Robert et Zeta en CSO. Vous avez potentiellement deux chevaux olympiques pour Londres. Outre le coté pragmatique avez-vous des rêves de médailles?

Si l’ on doit  veiller à l’équilibre budgétaire, on vit tout de même une véritable passion pour les chevaux. Mener une entreprise d’une telle envergure n’est pas sans risque mais il faut garder cette part de rêve qui nous anime. Et qui sait, d’ici au mois d’août, beaucoup de choses peuvent encore arriver. Le Haras de Hus a aussi un espoir en complet… Alors pourquoi pas trois chevaux aux jeux ! Ce serait la cerise sur le gâteau !

12 réflexions sur « Exclusif : Interview de Xavier Marie. »

  1. Laurence grandet
    je suis entièrement d’accord avec vous ! Je n’arrive pas à comprendre comment un français peu accepter de prendre un cheval à un autre français !!Comment peut’on faire sa à un équipier ???
    Le premier choix de M. R était de ne pas participer aux JO Pourquoi prendre ZETA à Kevin alors ??

    Ou est la morale certain êtres finissent par ne plus vous faire rêver !!!

    En tous cas je tire mon chapeau au haras des coudrettes qu’elle belle mentalité !!! MERCI !!!! Vous entretenez le rêve !!!

  2. nicely explained. it’s indeed an art to stop new visitors with your attractive writing style. truly impressive and nice information. thanks

  3. QUAND L’EGO TUE TOUS LES REPÈRES :
    En effet, Michel robert avait vendu fin 2011 Kellemoi de Pepita, il avait choisi de s’enrichir et par là aussi de renoncer à une éventuelle participation aux JO. Le gain avait pris le pas sur le sport, c’était le choix du cavalier, c’était dommage mais bon… il avait quand même oublié l’équipe de France… Pas de remord tue le remord !
    Quand aujourd’hui on apprend que ce même Michel robert vient d’accepter de dépouiller Kevin Staut de la jument Zeta de Hus à laquelle ce dernier a tant donné et tout appris; j’ai le droit et le devoir de dire à tous ceux qui se prêtent à cette lamentable transaction : arrêtez (où est la morale ? Où est l’étique ?). Continuez de nous faire rêver et dites nous bien vite que ce n’était qu’un cauchemar.
    C’est vrai, Kevin Staut, ne peut faire que des envieux, une équitation parfaite, il a son avenir devant lui, une irréprochable éducation du cœur et du cerveau, un véritable amour de l’animal cheval, un mental d’élite et… et… « Le panache » et ça cela ne s’achète pas !
    Dans toute cette vilaine histoire, qui pense à Zeta ? Aux liens qu’elle a tissés avec l’homme qui l’a amenée à ce si haut niveau ?
    Bonne chance Kevin et surtout ne changez rien, vous, vous êtes un grand champion.
    LG

    1. Votre commentaire illustre parfaitement le trait de caractère français – il peut avoir son intérêt dans certains cas – d’une intellectualisation systématique dans le traitement d’un sujet donné. Qui plus est en y ajoutant une dose de « pathos » et d’anthropomorphisme…Ce qui conduit malheureusement à donner un avis excessif…

  4. Cette franchise est exemplaire, décidément le Haras du Hus marque son époque vraiment positivement !!!

  5. et encore une fois , la passion a prit le pas sur la raison , mais sans comptabilité rien ne se passe ! mais je comprends les deux parties , kevin pour sa passion et son envie de gagner et d’évoluer et monsieur marie qui lui pense en chef d’entreprise mais dans ce domaine le débat reste eternel …

    1. je partage votre commentaire et ajouterai que le cavalier ne se soucie souvent pas du coté économique du propriétaire!

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