Reportage: En passant chez Pius Schwizer

Arnaud Martin, Felix Jarry, Pascal Robin.

 Les P’tits français chez Pius Schwizer .

 

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 Felix Jarry et Arnaud Martin: Plus fort chez Pius!

 

Arnaud Martin et Félix Jarry  forment aujourd’hui avec le groom Pascal Robin la discrète, mais non moins efficace « Französich Team » de Pius Schwizer.

Trois mousquetaires d’une équipe soudée autour du maître des lieux qui n’a pour autre ambition que de leur permettre d’évoluer efficacement dans le milieu du cheval auquel ils vouent leur passion.


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Quoi que peu loquace dans une langue étrangère, Pius Schwizer reflète aussi brillamment ses talents équestres aux couleurs de sa mère patrie que les accents lucernois de son patronyme. Si la Suisse demeure son bastion, il n’en est pas moins sensible aux diversités et ouvert aux rencontres.

 

Chevaux suisses, allemands, français, belges, irlandais… Les écuries du Klushof affichent complet, mais les origines des chevaux importent peu.

 

Un pour Tous! Tous pour Pius!

Ce qui compte avant tout pour Pius Schwizer, c’est leur capacité d’évoluer en fonction de leurs aptitudes.

Il en va de même pour son personnel. Grooms, soigneurs, cavaliers, stagiaires…Au fil des saisons, ils viennent de tous horizons pour parfaire leur métier au sein d’une équipe à la tête de laquelle Pius veille à leur progression tout en y distillant sa bonne humeur.

S’appuyant sur son flaire pour débusquer les fourbes et autres prétentieux, Pius sait aussi détecter les jeunes talents qu’il laisse d’abord un peu marner dans l’effort pour voir s’ils tiennent le coup. Car pour ceux qui en douteraient encore, même s’il y règne une bonne ambiance, le Klushof ce n’est pas le Club Med et les journées sont bien remplies.

Arnaud Martin: Le jeune français qui monte chez Pius.

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Sous le regard passionné d’Armin Uebelhard (voisin d’écurie et premier soutien sans faille de Pius) le roulement alémanique des « R » résonne en tête des travées des écuries d’Oensingen. Mais des accents divers viennent se rajouter à la gamme helvétique.

Aussi jovial qu’assidu au travail, le Strasbourgeois Arnaud Martin reflète sans doute au mieux l’état d’esprit dans lequel Pius distille son savoir-faire.

 

Arrivé sous les conseils avisés de Mickael Schliklin (son premier patron et partenaire de longue date de Pius) Arnaud Martin évolue depuis quelques années déjà en tant que cavalier « maison » de Pius.

D’une équitation bien fondée, son sens du cheval, son assiduité et ses résultats lui valent aujourd’hui de pouvoir prendre part à des concours plus relevés. C’est ainsi qu’Arnaud s’est vu confier cet automne les rênes d’Electric Z pour le CSI* d’Humlikon. Une mission très bien menée puisqu’il y décrochait la victoire dans le Grand Prix sous le regard enjoué d’un Pius Schwizer pas peu fier de la performance de son « p’tit français »!

Au CSI** de Chevenez, après ses performances en jeunes chevaux avec Guset CH (vainqueur des 6 ans) et Casquo Blue (9e de cette même épreuve), c’est avec Davidoff v. Schl’hof qu’Arnaud Martin se mit en exergue parmi les ténors en prenant la 4e place du délicat Grand Prix remporté par Romain Duguet. Encore une belle occasion pour Arnaud de se faire un nom face à ceux qui l’appellent -‘le p’tit français qui monte chez Pius’-

Une superbe progression qui devrait mener Arnaud Martin vers d’autres concours internationaux, sans pour autant négliger son rôle primordial dans le travail des jeunes chevaux.

Pius & Arnaud Martin c jumpinews« Bosser avec Pius c’est vraiment top ! Il m’a donné l’opportunité de monter de très bons chevaux et avec lui, j’ai énormément progressé. Franchement, je l’adore. Il est toujours bienveillant avec nous, essayant à chaque fois de nous faire progresser. Il veut aussi que l’on apprenne à ressentir au mieux les chevaux et surtout à toujours veiller à leur confort.

 

 

S’il n’hésite pas à nous remettre en ordre, c’est qu’il veut que l’on y arrive, mais toujours dans le sens du cheval. C’est un homme sur lequel on peut compter et s’il a réussi au plus haut niveau, ça n’a pas été toujours facile. Mais il a un mental d’acier et sa pugnacité force l’admiration. Et tout ça sans se prendre la tête. Juste qu’il a horreur des mensonges et des hypocrites ! Et quand il est à cheval, il ne veut pas non plus être dérangé. C’est son moment sacré. Alors basta les visites et le téléphone! Et là je ne peux qu’être d’accord avec lui. Quand on monte, on ne fait pas autre chose!

Il y a du boulot aux écuries qui sont aujourd’hui bien remplies! On a de très bons chevaux avec des jeunes de grande qualité qui doivent certes encore un peu murir, mais ça ne va plus tarder. Pius fut longtemps au sommet de la ranking mondiale et il a eu une période un peu délicate avec des gens qui l’ont lâché. Mais ceux qui l’auraient un peu oublié ces derniers temps vont bientôt le retrouver au sommet des plus grands concours internationaux. J’ai eu le droit de mettre quelques-uns de ses jeunes talents sous ma selle et je vous assure qu’il y a de la classe de haut niveau. Alors avec Pius, nul doute qu’ils vont se révéler au mieux. Et ça, je vais adorer ! –

Un nouveau cap pour Felix Jarry.

 

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À 25 ans, Felix Jarry a déjà bien bourlingué. Après son BAC, Felix (fils du cavalier international Pierre Jarry) intégrait l’E.N.E pendant plus de trois ans, tout en perfectionnant ses connaissances par des stages chez Alain Bourdon, Marc Dilasser ou encore Rémy Deuquet. Après cinq mois chez l’Irlandais Shane Breen, il rejoignait la Belgique pour un semestre au Haras de St Hermelle. Depuis le mois de juin, Felix Jarry a rejoint l’équipe de Pius Schwizer

« Nous avions vendu Starlette de Maillet à Florence Seydoux, la compagne de Pius. La jument lui convient parfaitement et nous sommes restés en contact. Voulant évoluer, j’ai cherché une nouvelle écurie et j’ai demandé à Florence si Pius serait d’accord .

 

Il a accepté et j’ai immédiatement quitté la Belgique pour la Suisse, appréciant au plus haut point cette opportunité de pouvoir apprendre auprès d’un cavalier d’une telle valeur.

C’est un cavalier hors norme, mais aussi un homme de grande qualité ! Avec lui, pas de détour. C’est cash et moi ça me va très bien. On bosse sérieusement, mais il y a aussi de sacrés moments de détente. L’ambiance est top et je suis ravi qu’il ait accepté de me prendre dans son équipe.

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J’ai encore énormément à apprendre et je suis là pour ça. Alors j’essaie de faire au mieux en respectant les consignes, en observant au maximum Pius, mais aussi Arnaud et Deborah Lazzarotto (réputée cavalière romande, également dans le staff de Pius – NDLR) ou encore Florence, qui me servent souvent d’interprètes, car je l’avoue, je ne capte pas encore le suisse-allemand ! Mais ce n’est pas un problème. Pius sait se faire comprendre et je l’estime beaucoup. –

 

 

 

 Pascal Robin, aux petits soins des chevaux.

1934252_993336540731693_1311804209430544510_n-2Un peu dans l’ombre, mais non moins attentionné et tout aussi efficace, Pascal Robin est un jeune Lyonnais qui officie aux bons soins des chevaux de Pius. À pied d’oeuvre dans les écuries au petit matin, il enchaine le nettoyage des boxes du chef pour être à cheval à 8h00 et ensuite préparer les chevaux au travail sous la selle du patron.

– C‘est mon grand-père horloger et connaissance de Pius qui m’a présenté pour ce poste. J’y suis depuis un an et j’ai un contrat de formation professionnelle jusqu’en 2019. Je me sens à l’aise ici, j’apprends beaucoup et l’équipe est vraiment cool. L’état d’esprit est serein et c’est aussi important pour être à l’aise dans son job. Pouvoir apprendre auprès d’un cavalier comme Pius, c’est le pied ! Il est toujours très attentif aux soins des chevaux et détecte le moindre souci. Il a l’œil, mais il nous laisse aussi le temps pour parfaire notre expérience. Il est exigeant, mais toujours bienveillant à notre égard.  C’est aussi important pour progresser dans ce milieu. –

On est à l’aise chez Pius!

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Pour Pius, suisse ou français, cela n’a pas d’importance.

– Je n’ai pas de préférences, car chacun à son rôle ici. Même s’il est encore jeune, Arnaud a le plus d’ancienneté des trois et il fait partie des meilleurs de ceux que j’ai déjà eus ici. Appliqué et attentionné, il progresse chaque année un peu plus, mais reste le petit gars normal et sympa que j’ai connu à ses débuts. C’est aussi important. Felix n’est là que depuis quelques mois, mais il est déjà bien intégré dans l’équipe. Il monte sobrement et s’applique à faire au mieux ce que je lui demande. Il sait qu’il a encore du boulot, mais il est déterminé. On voit qu’il veut bien faire et je suis convaincu qu’il y arrivera. Quant à Pascal, c’escc3a9756-2t un bosseur, aux petits soins pour mes chevaux. Je peux compter sur lui quand je ne suis pas là. C’est aussi très important. De toute façon, chacun sait que s’il est là, c’est que je compte sur lui. C’est une histoire de confiance.

Ce métier n’est pas facile, même si l’on est passionné. Alors il n’y a pas de place ici pour ceux qui croient que ça vient tout seul. Il faut souvent transpirer et ne pas baisser les bras aux premiers efforts. Ce milieu est spécial, mais il y a pire dans la vie. Être à cheval ou s’occuper d’eux pendant que d’autres triment, enfermés à l’usine ou dans un bureau…C’est une belle contrepartie aux efforts. Et puis l’air du coin semble convenir autant aux chevaux qu’aux humains. –  Conclut-il d’un sourire qui en dit long sur son attention pour le bien-être de tous.

 

Vous l’aurez compris, même si au Klushof les installations sont très agréables et fonctionnelles, ce n’est pas le grand luxe éclatant de certaines écuries . À Oensingen, ce qui prime avant tout, c’est le bien-être  et le sens de valeurs partagées pour et avec les chevaux.

Les  »petits Français » ne s’y sont pas trompés et comme ils le disent à qui veut l’entendre:

– On est à l’aise chez Pius Schwizer.-

Et ce n’est pas Bounty qui dira le contraire…

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