Steve Guerdat s’explique!

Affaire de contamination alimentaire.

Pas coupable, mais responsable selon le règlement de la FEI !

Pourtant lavé de tousteve & Nino 1t soupçon, Steve Guerdat n’en reste pas moins meurtri par ces longs mois durant lesquels toutes les infos (plus ou moins vérifiées et dont certains tabloïdes suisses avaient même fait la une) laissaient planer le doute sur une supposée affaire de dopage.

Un véritable crève-cœur que l’on comprend d’autant mieux qu’il s’est exprimé longuement sur ce sujet dans le cadre de la conférence de presse qu’il a tenue ce matin à Zurich.

 

 

En compagnie de Charles Trolliet,  président le la FSSE, Steve Guerdat y a ainsi dévoilé les dessous de cette incroyable affaire de contamination alimentaire dont ses chevaux ont été les victimes et le champion olympique l’accusé à tord et sans autre forme par la FEI.

Une explication de texte qui lui a permis d’enfin relater les faits et ainsi prouver son entière innocence dans cette scabreuse affaire.

Une séance ou l’émotion se mêlait à l’amertume d’un champion profondément meurtri par les accusations de la FEI.

Passant d’une supposée fraude aux produits interdits à la possible contamination alimentaire, Steve Guerdat souhaiterait qu’au-delà de son cas personnel pourtant bien humiliant, la FEI prenne dorénavant réellement en compte la présomption d’innocence.

Qu’elle revoit son règlement afin d’éviter que de telles situations ne puissent se reproduire en mettant à mal la probité du cavalier tout en semant le discrédit sur un sportif de haut niveau, via des communiqués laconiques !

Ce matin à Zurich, c’est avec une grande émotion que Steve Guerdat prenait la parole pour s’adresser en premier lieu aux nombreux soutiens qui, tout au long de cette troublante affaire, l’ont réconforté au plus profond de son cœur.

De ses parents et son dévoué frère, aux plus hautes instances fédérales, en passant aux plus humbles, mais fidèles supporters, il souhaitait par cette intervention remercier toutes les personnes qui, sans la moindre preuve du contraire, ont d’amblé cru à son innocence et ainsi conforté dans sa volonté d’apporter toute la lumière dans cette sombre affaire.

Pourtant, après avoir apporté les preuves d’une contamination par voie alimentaire (et donc son innocence), Steve Guerdat pensait alors pouvoir lever les sanctions et reprendre la compétition avec les chevaux incriminés.

Dans son « nouveau jugement », la FEI indiquait alors que le cavalier avait l’autorisation de reprendre part aux compétitions internationales, mais que ses deux chevaux, Nino des Buissonnets et Nasa se retrouvaient malgré tout accablés d’une suspension de deux mois !

Pas de rétroactivité sur la date de la condamnation !

Au vu de ces éléments, la logique aurait pourtant voulu que la FEI prenne acte des sanctions à partir du CSIO de La Baule, mais la suspension effective eut effet à partir de fin juillet, impliquant de fait pour les chevaux, près de 4 mois d’interdiction de toute compétition !

Cette décision brisait ainsi tout espoir pour Steve Guerdat de prendre part aux championnats d’Europe !

Après avoir été injustement terni d’un point de vue éthique, c’est par une sanction sportive des plus incompréhensibles que la FEI finissait par mettre à mal le champion olympique !

Au final, la FEI admet donc la contamination alimentaire et la non-culpabilité directe de Steve Guerdat (tout comme celle d’Alessandra Bichsel, également incriminé à la même période), mais elle les sanctionne en les privant de leurs meilleures montures, par souci d’appliquer fidèlement le règlement !

En outre, Steve Guerdat précisait ce matin que malgré la reconnaissance d’une contamination alimentaire, il devra rétrocéder le titre de sa victoire au grand prix du CSIO de La Baule et rembourser les gains obtenus avec Nino. De plus, toutes les dépenses liées à l’établissement des preuves de son innocence (analyses, frais vétérinaires, etc.) restent entièrement à sa charge.

En résumé, si l’on comprend bien, il n’a rien fait de mal « volontairement », mais il doit payer quand même !

Et le bon sens dans tout cela ?

Si personne ne remet en cause la nécessité d’avoir un sport propre à la hauteur de l’éthique et du respect fondamental que l’on se doit d’avoir vis-à-vis des chevaux, il serait tout de même bon de revoir ce sacré règlement (ou plutôt ce règlement sacré) dont certains préceptes semblent incohérents, voir obsolètes au vu des progrès de la science dans le domaine de recherche des produits illicites.

Alors, si l’on arrive par ces progrès à détecter de si faibles taux de substances telles que celles incriminées dans les cas des chevaux de Guerdat et Bichsel (codéine, oripavine et autres substances médicamenteuses à base de morphine) personne ne nous a jusqu’à présent expliqué jusqu’à quel point (et surtout avec de telles faibles quantités) de tels produits auraient pu augmenter les performances des chevaux et de quelle manière !

Joli Coquelicot…

Toute cette affaire semble étrangement liée à la graine de pavot dont les molécules chimiques contiennent les fameux produits illicites.

Certes, on ne peut que se réjouir de la baisse d’utilisation des pesticides et autres produits chimiques dans les cultures fourragères, mais depuis la sacralisation de l’agriculture « écoresponsable », on observe aussi qu’elle implique depuis quelques saisons une forte recrudescence d’espèces botaniques dites « papavéracées », dont le joli coquelicot des champs fait principalement partie.

Pourtant, cette ombrelle rouge (au demeurant très fragile une fois cueillit) dont on se ravit d’apprécier les charmes lors d’une promenade bucolique, n’est autre que la fleur d’une variété d’opiacées.

À la fenaison, ces fleurs se retrouvent donc forcément dans le fourrage, sans que pour autant le paysan du coin ait voulu y trouver la solution pour calmer les ardeurs de « Roco », son bon gros taureau, toujours prêt à honorer quelques vaches alpines.

Tenant compte de ces faits, il serait sans doute plus juste que la FEI réactualise sa liste (et surtout les doses) de produits interdits et qu’avant de jeter le doute et donc l’opprobre sur un cavalier, elle veuille bien attendre les résultats des contre analyses et autres éléments dont l’accusé pourrait faire valoir pour sa défense.

Si tu vas à Rio…

Un minimum d’équité dans cette affaire aurait sans doute permis à Steve Guerdat de pouvoir prendre part aux championnats d’Europe avec Nino. Cela ne veut pas dire qu’il aurait gagné, car la concurrence était de taille, mais il aurait au moins pu y défendre ses chances de qualification pour les prochains Jeux Olympiques.

Outre le discrédit, on a tout simplement privé de son but essentiel un sportif de haut niveau (et qui plus est champion olympique), de pouvoir tenter de décrocher une qualification pour retourner défendre son titre. 

Heureusement (et alors qu’il n’y avait pas grand monde pour croire en leurs chances d’y arriver), ses valeureux compatriotes y ont décroché une médaille de bronze par équipe et ont ainsi qualifié la Suisse pour les prochains J.O.

Une victoire collective qui redonnait un peu de baume au cœur à Steve Guerdat, présent à Aix-la-Chapelle (mais à pied) pour soutenir ses émérites partenaires lors des épreuves par équipe.

Alors pour finir sur une note plus légère cette histoire accablante et au vu des supposés pouvoirs cachés de certaines plantes, je glisse un petit conseil.

Si l’on connait de longue date les méfaits de l’opium, méfiez-vous de votre boulanger, ce dealer qui a pignon sur rue et qui vous vend la baguette parsemée de petites graines bleues. C’est sympa au gout, mais un beau matin, à défaut d’être un peu « stone », vous pourriez finir par battre le record d’Usain Bold en allant du lit jusqu’aux toilettes !

Mais bon, à moins d’être soumis au contrôle antidopage, vous ne risquez guère plus que de vous taper le pied dans le chambranle de la porte des waters !

À bon entendeur…

C.G. pour jumpinews.

Plus d’infos avec la vidéo de la conférence de Steve Guerdat ICI